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Decal Defender

Decal Defender : l’étincelle à l’origine

d’une invention du Cap-Breton

Comment une observation faite dans une station-service en Alberta a amené Todd MacDougall à créer un produit faisant l’objet d’une demande de brevet et à remporter un prix régional au concours Spark 2026

Todd MacDougall faisait le plein à Fort McMurray lorsqu’une petite zone sur son véhicule sale a attiré son attention. Juste derrière la trappe à carburant, une étroite bande de carrosserie était demeurée impeccable, à l’abri de la pluie, de la boue et des saletés qui recouvraient tout autour. À proximité, un autre véhicule portait un autocollant d’entreprise tellement sale qu’il était difficile à distinguer.

Les deux observations ont fait naître une idée.

« C’est là que l’idée a germé, se rappelle MacDougall. Si j’agrandissais un peu cette pièce, elle protégerait une plus grande surface du véhicule. »

L’idée ne le quittait plus. Cette bande protégée allait devenir le point de départ de Decal Defender, son entreprise en préparation, fondée sur un concept d’une simplicité trompeuse : placer un déflecteur devant un autocollant pour en éloigner les débris de la route.

Un problème bien visible qui passait inaperçu

L’idée s’appuyait sur les années d’expérience de MacDougall dans plusieurs secteurs de l’énergie au Canada. Particulièrement sur les grands chantiers, les autocollants et les éléments graphiques ne servent pas seulement à faire connaître une entreprise. Ils permettent d’identifier les véhicules d’un parc, de communiquer des consignes de sécurité et de marquer l’équipement. Leur visibilité peut être une exigence du chantier, surtout lorsqu’il faut identifier rapidement et avec précision de nombreux véhicules semblables.

« Garder les autocollants et les marquages visibles n’est pas toujours un choix, explique MacDougall. Sur de nombreux chantiers industriels, il est obligatoire de garder les autocollants d’entreprise propres en tout temps. »

Pourtant, les lavages répétés, les passages de raclette et l’exposition à des conditions difficiles peuvent détériorer les éléments graphiques, tandis que leur remplacement exige du temps et de l’argent. MacDougall avait vu ce cycle se répéter assez souvent pour savoir qu’une autre approche avait sa place. « Même pour n’importe quel propriétaire d’entreprise, pourquoi ne voudrait-on pas que son image de marque reste propre et bien visible? »

Decal Defender est conçu comme un déflecteur à installer soi-même, dont le principe ressemble à celui d’une visière fixée au-dessus d’une fenêtre de véhicule. Placé juste devant un logo ou un marquage, il vise à détourner la pluie, la boue et les débris de la route de la surface située derrière lui. Différentes formes peuvent convenir aux éléments graphiques arrondis ou carrés, et MacDougall explore également des versions destinées à des surfaces plus longues et à des usages nécessitant une plus grande résistance aux impacts.

« C’est une solution simple à un problème courant dans l’industrie, dit-il. Elle détourne les débris de la route pour protéger les logos et les autocollants sur les côtés des véhicules. »

Lors de premiers essais sur son propre véhicule, il a placé une feuille de papier non plastifiée derrière un prototype, puis a roulé pendant des semaines sur des chemins de terre mouillés et boueux. Même si le papier s’est tout de même sali un peu, il est resté nettement plus propre que prévu. Le développement plus poussé du produit se poursuit, mais cet essai simple en conditions réelles lui a donné confiance dans le concept.

Bien qu’il ait été conçu au départ pour protéger les logos d’entreprise et les autocollants latéraux, le concept offre des possibilités plus vastes. Les numéros de véhicules commerciaux, les marquages d’identification et les plaques de danger doivent demeurer visibles et lisibles pour respecter les exigences réglementaires. En aidant à réduire l’accumulation de boue, de saletés et de projections de la route, Decal Defender pourrait faciliter le respect de ces exigences, réduire les coûts d’entretien et de remplacement, limiter les temps d’arrêt et contribuer à la sécurité routière.

Apprendre le métier d’inventeur

Transformer cette observation en entreprise a exigé tout un apprentissage. MacDougall a gardé l’idée en tête pendant environ deux ans avant de décider de s’y consacrer sérieusement. Il a communiqué avec un inventeur qu’il connaissait, qui l’a dirigé vers des avocats spécialisés en brevets à Vancouver. Selon lui, les recherches effectuées au Canada et aux États-Unis n’ont révélé aucun produit équivalent, ce qui lui a permis d’aller de l’avant avec une demande de brevet.

« Je ne connaissais pas du tout le processus, dit-il. J’ai appris au fur et à mesure. »

Il a donc dû apprendre à travailler avec des spécialistes des brevets, dessiner de nouvelles variantes, fabriquer certains prototypes lui-même et payer pour en faire produire d’autres. Chaque conversation faisait émerger une nouvelle utilisation possible, des parcs de véhicules commerciaux et de la machinerie lourde aux plaques de danger et aux marchés des accessoires automobiles.

Le processus n’a été ni rapide ni peu coûteux. MacDougall estime avoir investi personnellement environ 40 000 $ avant de recevoir le soutien de Spark, tout en continuant à travailler à temps plein, à exploiter une petite entreprise et à élever ses enfants. Les réponses des avocats et la production de nouveaux prototypes pouvaient prendre des semaines, voire des mois, ce qui rendait difficile le maintien de l’élan.

« Honnêtement, il faut simplement continuer à avancer petit à petit, dit-il. J’ai compris assez tôt que ce ne serait pas un processus rapide. »

Tout au long de cette aventure, MacDougall affirme que son épouse, Kortnie, a été l’un de ses plus grands soutiens. Si Decal Defender est né de son idée, elle a participé à d’innombrables discussions et séances de remue-méninges en cours de route. Qu’il s’agisse d’examiner des idées et des prototypes ou de l’aider à peser des décisions importantes, son soutien et sa patience ont largement contribué à concrétiser le concept.

« Quand j’y pense, il a quand même fallu que je lui vende l’idée au début, dit-il en riant. Je suppose qu’elle l’a achetée. »

L’étincelle qui a accéléré les choses

Un contact avec une CBDC a aidé Decal Defender à se rapprocher du lancement. MacDougall échangeait avec une employée d’une CBDC au sujet d’un autre projet sur lequel il travaillait lorsqu’elle lui a envoyé des renseignements sur le concours annuel Spark de la Nouvelle-Écosse.

À ce stade, les années passées à réfléchir au produit et à en parler l’avaient bien préparé. Son matériel de présentation était prêt, et la prise de parole en public faisait déjà partie de sa vie professionnelle. Il a présenté sa candidature, a été sélectionné pour présenter son projet et a remporté la première place dans sa région au concours de 2026.

MacDougall estime qu’il avait de bonnes chances, mais il a essayé de modérer ses attentes.

« Je savais que j’avais de bonnes chances, mais je ne voulais pas trop me faire d’espoir, dit-il. Quand Decal Defender a été annoncé comme gagnant de la première place, c’était assez irréel. C’était un sentiment extraordinaire et une belle réussite, mais je savais qu’il restait encore beaucoup de travail à faire. »

Cette reconnaissance a confirmé la valeur de ses années de persévérance et renforcé sa confiance dans les possibilités à venir.

Jusque-là, il avait gardé le projet essentiellement pour lui, sans publier d’annonce sur ce qu’il préparait. Spark a contribué à faire de ce travail personnel et soutenu un projet qui avait été entendu, évalué et appuyé.

Le prix en argent a compté, mais MacDougall affirme que le réseau qui l’accompagne s’est révélé tout aussi précieux. « Le financement aide certainement, mais les contacts aussi », dit-il, en évoquant les conseils et les relations accessibles par l’entremise de la CBDC et de partenaires municipaux, provinciaux et fédéraux. « Avoir cette aide et de meilleurs conseils m’a enlevé un gros poids des épaules. »

Ce soutien a aussi changé sa façon de voir sa place dans le milieu des affaires. Si quelqu’un lui présente maintenant sa propre idée, il dispose de contacts vers lesquels l’orienter.

Faire grandir le projet chez soi

Pour MacDougall, Decal Defender est également lié à un retour au bercail. Après de nombreuses années à l’extérieur, lui et son épouse, Kortnie, ont choisi de revenir s’installer au Cap-Breton avec leur famille. Environ six mois plus tard, l’occasion de participer à Spark s’est présentée. Ce moment a renforcé son espoir de voir l’entreprise grandir à l’endroit où ils avaient choisi de vivre.

Son prochain objectif est de réussir le lancement. Il développe sa marque, noue des liens dans l’industrie et envisage de combiner la vente en ligne, la distribution au détail et des partenariats au Canada et aux États-Unis. Les parcs de véhicules commerciaux et industriels constituent sa première cible, avec des applications possibles dans les secteurs minier, énergétique, de la construction et du transport, ainsi que dans les services municipaux.

À plus long terme, il souhaite fabriquer le produit au Cap-Breton. MacDougall sait que l’entreprise devra peut-être commencer modestement, possiblement dans un espace de production loué et avec une petite équipe, et qu’une hausse de la demande pourrait nécessiter le recours à des fabricants externes. Sa vision demeure toutefois locale : disposer de ses propres installations et créer des emplois de qualité dans la communauté au cours des prochaines années. Il espère aussi pouvoir un jour redonner à Fort McMurray, où l’idée de Decal Defender a pris forme. « Fort McMurray m’a tellement apporté tout au long de ma carrière, dit-il. J’aimerais avoir l’occasion de lui rendre quelque chose. » Le lancement vient d’abord, mais il voit déjà plus grand. « Quand les ventes auront commencé à prendre de l’ampleur, vous me verrez probablement à l’émission Dragon’s Den », lance-t-il en riant.

Pour l’instant, le travail se poursuit entre sa carrière, sa vie de famille, les courriels envoyés tôt le matin, les décisions prises tard le soir et une nouvelle série d’améliorations au produit. Decal Defender n’est pas encore sur le marché, mais le projet a déjà franchi deux étapes qui semblaient autrefois lointaines : une demande de brevet en cours et le soutien nécessaire pour continuer à avancer.

Comme le dit MacDougall : « À un moment donné, j’ai réalisé que j’avais trop investi pour abandonner. Maintenant, je suis pleinement déterminé à aller jusqu’au bout. »

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