Tiny Village & Marina - CBDC
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Tiny Village & Marina

Construit à la main, façonné par les visiteurs

Sur les rives du lac Clearwater, à Meteghan River, en Nouvelle-Écosse, Tiny Village & Marina ressemble moins à un complexe touristique traditionnel qu’à un endroit qui a progressivement trouvé sa véritable vocation.

Pour son propriétaire, Patrick Desautels, tout a commencé par une simple décision. Un petit chalet que son oncle avait construit des années auparavant se trouvait sur un autre terrain. Vers la fin de la pandémie de COVID-19, Patrick a décidé de le déplacer sur le terrain familial voisin. « J’ai simplement décidé de le déplacer », raconte-t-il. Peu après, des entrepreneurs locaux ont entendu parler du chalet et lui ont demandé s’ils pouvaient le louer pour l’été.

À partir de ce moment-là, Patrick affirme que l’entreprise « s’est un peu créée toute seule, sans même qu’on s’en rende compte ».

Ce qui avait commencé avec un seul chalet est aujourd’hui devenu Tiny Village & Marina, un havre quatre saisons au bord du lac, construit en famille, qui comprend cinq petites maisons artisanales, des spas privés, une expérience de spa nordique et un studio de bien-être. La propriété est située sur un terrain que les grands-parents de Patrick ont acheté en 1958, un lieu où plusieurs générations ont passé leurs étés au rythme du lac, du rivage et du calme qui continue aujourd’hui d’attirer les visiteurs.

Un chalet à la fois

Électricien de métier, Patrick n’a pas lancé son entreprise avec un plan d’affaires détaillé. Il a plutôt commencé avec ses outils, son instinct et beaucoup d’élan. « Il n’y avait pas de plan d’affaires », dit-il en riant. « Ça s’est fait un jour à la fois, et ça n’a jamais arrêté. »

Cette approche concrète et pratique demeure au cœur de l’entreprise. Patrick a construit une grande partie du village lui-même, avec l’aide de sa famille et de ses amis. « Tout a été réalisé à l’interne », explique-t-il. Le concept des minimaisons convenait parfaitement au terrain et au contexte. Pendant la pandémie, de plus en plus de gens choisissaient de voyager près de chez eux, recherchant de plus petits hébergements, des activités en plein air et un rythme de vie plus tranquille. Patrick appréciait le fait que les minimaisons limitaient l’empreinte sur le terrain tout en offrant aux visiteurs un endroit confortable où séjourner.

Au fil du temps, le village a évolué en restant à l’écoute de sa clientèle. Les visiteurs sont venus, ont séjourné, ont laissé des commentaires, ont proposé des idées… puis sont revenus. Patrick y a porté une grande attention. « C’est comme ça que le village s’est construit », dit-il. « Grâce aux commentaires, aux avis et aux idées des autres. »

Au départ, la clientèle était composée surtout de jeunes voyageurs et d’amateurs d’aventure. Puis un autre groupe a commencé à arriver. « Les baby-boomers ont commencé à venir », raconte Patrick en riant. Cela l’a amené à revoir la conception de ses futurs hébergements. Les lits en mezzanine et les échelles convenaient à certains visiteurs, mais pas à tous. Patrick a donc commencé à planifier des unités plus accessibles et plus faciles à parcourir pour les personnes ayant « de mauvaises hanches, de mauvais genoux ou des problèmes de dos ».

Cette volonté de s’adapter a permis à Tiny Village de passer d’un charmant hébergement au bord du lac à une véritable destination axée sur le bien-être. Chaque unité est équipée d’un spa privé, tandis que le circuit de spa nordique comprend un sauna chauffé au bois, un bain à remous au bois, des bains d’eau froide, un seau de douche froide et des espaces de détente près du feu. Patrick savait qu’il existait un véritable intérêt pour ce type d’expérience. Il s’est donc tourné vers la CBDC Digby-Clare afin d’obtenir du soutien.

« J’ai vu qu’il y avait un grand intérêt », explique-t-il. « Beaucoup de gens cherchaient un endroit pour décrocher. » Grâce à l’accompagnement de Rose Madden, de la CBDC Digby-Clare, le village a pu ajouter une offre axée sur le bien-être ainsi qu’un studio où les visiteurs et des instructeurs locaux peuvent se réunir pour pratiquer des activités comme le mouvement, les étirements, le yoga, le Pilates, le travail respiratoire et d’autres cours.

Patrick connaissait Rose avant son arrivée à la CBDC et parle de cette relation avec beaucoup de reconnaissance. « La CBDC a toujours été bonne pour nous, pour moi », affirme-t-il. « Vraiment, vraiment formidable. »

Un endroit où ralentir, peu importe la saison

Le résultat est un lieu qui se prête à toutes les saisons. En été, les visiteurs pagaient sur le lac Clearwater, se baignent, profitent des feux de camp ou explorent la côte acadienne lors d’excursions d’une journée. À l’automne, les couleurs parlent d’elles-mêmes. En hiver, les spas et le sauna deviennent encore plus invitants.

Dans une province surtout reconnue pour son tourisme estival, Patrick se réjouit que l’hiver soit devenu l’un des principaux attraits. « Plus on a de neige, plus les gens viennent nous visiter », dit-il.

Les visiteurs arrivent maintenant de partout en Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, du Québec, des États-Unis et même de beaucoup plus loin. Patrick mentionne notamment des voyageurs venant d’Allemagne, de France, d’Australie, de Nouvelle-Zélande et de Chine. Certains utilisent Tiny Village comme halte d’une nuit avant de prendre le traversier à Yarmouth. D’autres reviennent pour des séjours plus longs, saison après saison. Instagram permet de combler rapidement les disponibilités, mais le bouche-à-oreille demeure l’un des plus grands moteurs de l’entreprise. De nombreux visiteurs recommandent l’endroit à leurs amis, à leur famille et à leurs parents. « C’est presque facile », dit Patrick.

Pourtant, cette impression de simplicité repose sur énormément de travail en coulisses. Patrick tient d’ailleurs à souligner la contribution de sa famille. « Sans ma famille, le village n’existerait pas », affirme-t-il. Ses enfants sont encore jeunes, mais ils commencent déjà à s’intéresser à l’entreprise. La famille envisage notamment d’ajouter un café, et Patrick raconte que sa fille s’est déjà portée volontaire pour y travailler.

L’entreprise a aussi développé une personnalité bien à elle grâce à trois chats résidents. Leur arrivée, comme bien des éléments de l’histoire de Tiny Village, est le fruit du hasard. Après le décès d’un voisin, plusieurs chats se sont retrouvés sur la propriété de Patrick. La SPCA a pris en charge les autres, mais trois sont restés. Aujourd’hui, ils font partie intégrante de l’expérience des visiteurs.

L’un d’eux, Milene, affectionne particulièrement le secteur du spa. L’hiver, elle dort près du bain à remous chauffé au bois, puis entre dans le sauna pour s’étendre confortablement sur un banc. Les

visiteurs la photographient, lisent les panneaux présentant la personnalité de chacun des chats et leur offrent volontiers toute leur attention. « Ils sont une grande attraction du village », explique Patrick.

Tiny Village accueille également les animaux de compagnie de ses visiteurs. Les chiens y sont les bienvenus et, à l’occasion, des compagnons plus inhabituels s’y retrouvent aussi. Patrick se souvient notamment de chats et même d’un perroquet. En parallèle, l’entreprise a choisi d’adopter un modèle réservé aux adultes, une décision prise en tenant compte du lac, des spas, des installations de bien-être et du confort des autres visiteurs. Selon Patrick, ce changement a été très bien accueilli.

Réfléchir au chemin parcouru et rêver à l’avenir

Pour Patrick, ce qu’il préfère avant tout, c’est la combinaison de la construction et des rencontres humaines. Il aime faire sa tournée, vérifier le sauna, les foyers et les bains à remous, tout en discutant avec les visiteurs. « J’essaie simplement d’écouter les histoires des gens », dit-il.

Cette ouverture d’esprit a façonné l’ambiance du lieu. Patrick ne cherche pas à imposer un itinéraire précis ou une expérience toute faite. Les visiteurs arrivent avec leur propre vision du repos. Certains veulent explorer la région. D’autres préfèrent pagayer. Certains profitent du studio de bien-être. D’autres souhaitent simplement s’installer dans un spa et laisser le monde s’arrêter.

« Chacun suit son propre rythme », explique-t-il. « Je veux que les gens viennent décrocher et fassent ce qu’ils ont envie de faire. Ils peuvent choisir leur propre aventure. »

En regardant vers l’avenir, Patrick voit encore plusieurs projets de construction. L’ajout d’un café figure en tête de liste, suivi de nouveaux hébergements plus accessibles. Mais le cœur de l’entreprise demeurera ce qu’il a toujours été : un terrain familial, un savoir-faire pratique, les commentaires des visiteurs et cette profonde impression que le lac lui-même sait ralentir le rythme de ceux qui viennent s’y arrêter.

Lorsqu’on lui demande quel est son plus grand motif de fierté, Patrick ne mentionne ni une grande ouverture officielle ni un moment marquant en particulier. Pour lui, cette fierté est plus discrète et se renouvelle chaque jour.

« Je pense que j’en suis fier tous les jours », dit-il. « Chaque fois que je vois des gens arriver. »

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